Polska poezja

Wiersze po polsku


Wiersz XLIX L’INVITATION AU VOYAGE

Mon enfant, ma sœur,
Songe ŕ la douceur
D’aller lŕ-bas vivre ensemble ;
— Aimer ŕ loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant ŕ travers leurs larmes.

Lŕ, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Męlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l’âme en secret
Sa douce langue natale
.

Lŕ, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
— Les soleils couchants
Revętent les champs,
Les canaux, la ville entičre,
D’hyacinthe et d’or ;

— Le monde s’endort
Dans une chaude lumičre.

Lŕ, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
Loading...

Wiersz XLIX L’INVITATION AU VOYAGE - Charles Baudelaire
 »